Financement de la crise : Le moment de ne pas se tromper de calcul !

Dirigeants, soyez rassurés !!! La plupart d’entre vous n’aurez aucune difficulté à financer les besoins de vos entreprises sur les prochains mois !

Mais peut-être le problème est-il ailleurs ?

Report de vos échéances fiscales et sociales, report de vos loyers par des propriétaires compréhensifs, financement élargi de vos créances clients, Prêt Atout de BPIFrance et depuis mercredi, le Prêt Garanti par l’État (PGE), véritable pont aérien de sauvetage des entreprises… Saluons la réactivité de BPIFrance et de l’État dans cette crise sans précédents ! Ils vont, grâce à cet afflux de liquidités, sauver la confiance nécessaire pour que l’économie fonctionne : la confiance que nous devons avoir dans le fait que nos clients vont bien nous payer et la confiance que nos fournisseurs doivent avoir dans le fait que nous allons bien les payer.

Attention toutefois à ne pas confondre vitesse et précipitation… Il faut agir vite, c’est certain ! Mais aussi agir au bon endroit ! Et pour ce faire, vous assurer que certains arbres ne vous cachent pas la forêt !

L’arbre qui cache la forêt, justement, ce pourrait être cet afflux d’argent facile. La forêt, ce pourrait être votre résultat d’exploitation sur les mois d’avril, mai, juin 2020 et peut-être les suivants… selon la durée de l’atonie actuelle.

Car, toute perte réalisée par votre entreprise en ce moment se paiera un jour. Votre vrai problème, ce n’est déjà plus votre situation de trésorerie au printemps 2020, c’est votre future situation de cash au printemps 2021, lorsque les premiers remboursements des dispositifs auxquels vous allez souscrire dans les prochains jours seront appelés. Pour que cela se passe bien, une seule solution possible : Réduire vos coûts au maximum maintenant et investir les ressources qui vous restent dans la création de valeur de demain !

Le but de cet article est d’éclairer les décisions critiques que vous allez être amené à prendre dans les prochains jours.

Ajustez vos coûts, maintenant !

Il est impératif d’adapter rapidement et au maximum vos coûts au niveau d’activité prévisible (ou constaté) durant ces semaines de confinement. Nous ne parlons pas de « report », mais bien d’économies, de réduction de coûts. Pour se faire, plusieurs pistes s’offrent à vous :

  • Le recours – de manière proportionnelle à l’évolution de votre production – au chômage partiel dont l’État prend exceptionnellement en charge 100% du coût,
  • L’arrêt des frais généraux non stratégiques qu’il vous est possible d’arrêter rapidement,
  • La négociation exceptionnelle auprès de votre bailleur de loyers réduits de manière à ce qu’il vous aide à passer cette crise (lorsque c’est possible pour lui),
  • Le recours aux congés payés qui, s’il ne génère aucune économie de charge, contribue à augmenter votre capacité de production pour l’après-crise.

Durant cette crise, et face à nos chiffres d’affaires qui se réduisent comme peau de chagrin, tout euro économisé est une victoire sur l’avenir et sur le mur de cash qui pourrait se profiler en 2021. Mais attention à bien conserver votre capacité à produire ce que vous pouvez encore produire durant le confinement et à préparer « l’après crise ».

Notre conseil : Agissez en leader et donnez l’exemple ! Commencez, si vous le pouvez, par réduire les coûts qui vous touchent personnellement : votre rémunération (chez Altman, les associés ont réduit leur rémunération de 75% pour toute la période de confinement), vos frais somptuaires, les loyers versés à vos SCI si vous êtes propriétaire de vos murs (vous pouvez probablement reporter vos échéances d’emprunt immobilier). Votre propre exemplarité vous permettra de sensibiliser vos salariés (qui vont perdre une partie de leur salaire s’ils se trouvent au chômage partiel) et vos fournisseurs (bailleur, autres…) à l’importance que tous contribuent à « l’effort de guerre » et d’obtenir leur soutien et – peut-être – leur aide dans ce moment si particulier.

Pour une vue plus exhaustive des actions possibles, reportez -vous à notre synthèse des mesures à prendre pendant la crise.

Sécurisez votre trésorerie !

Utilisez les solutions de financement exceptionnelles qui vous sont offertes. Faites le rapidement ! Pour mieux dormir bien sur, mais aussi pour contribuer à desserrer l’étau de la peur de l’autre, si dangereux pour notre économie. Egalement parce que les dispositifs en place actuellement pourraient ne pas durer de longs mois.

Certaines solutions sont gratuites (sans intérêt financier), comme par exemple le report de vos échéances fiscales et sociales ou encore l’étalement de vos charges non stratégiques (loyers, énergie…). Elles n’auront en revanche qu’une portée limitée en volume et en durée (report de 2 ou 3 mois, vous devrez décaisser ces charges sur les mois suivants).

Les autres solutions, qui impliquent le paiement d’un interêt financier, peuvent être regroupées en deux catégories :

  • L’élargissement de la mobilisation de votre compte client (BPIFrance garantit 90% de vos créance et propose même un financement de 130% des créances pour ses clients Avance Plus) qui permet de transformer en cash toute facture déjà émise et non encore payée. Ce dispositif, faiblement utile à court-terme si votre activité – et le nombre de vos factures – plonge, pourrait bien vous aider lors de la remontée de votre BFR qui suivra la reprise (voir notre point #1ter ci-dessous).
  • Le recours à un ou plusieurs prêts de trésorerie: le Prêt Garanti par l’État (PGE) et le Prêt Atout (BPI France) sont les deux principaux dispositifs à votre disposition. Une arme de financement massif ! Avec au moins 25% de votre chiffre d’affaires (PGE et Prêt Atout semblent cumulables) financés d’un seul coup, pas la peine de chercher plus loin, sauf dans les cas rares où ces deux recours cumulés ne permettraient pas de combler votre gap de trésorerie. Le coût du PGE est le taux d’intérêt de votre banquier majoré d’une prime de garantie (+0,25% la première année, puis entre 0,5% et 2,0% les années suivantes selon la durée d’amortissement et la taille de votre entreprise (cf. le détail du PGE). Le Prêt Atout annonce un taux d’intérêt sans mentionner sa valeur.

Pour plus de détail, n’hésitez pas à consulter notre synthèse des mesures à prendre pendant la crise.

Sortez votre Excel !

Ce n’est pas parce que le cash afflue et que les banquiers sont moins tatillons que d’habitude (Ils sont garantis à 90% par l’État et sont appelés à « sauver » l’économie française) que vous pouvez vous exonérer d’un travail détaillé de prévision de votre trésorerie. Bien au contraire !

Que va-t-il se passer pour la plupart d’entre vous ? (en tous cas pour les entreprises à BFR positif : stock+créances clients > dettes fournisseurs)

  • Dans un premier temps (avril/mai), votre trésorerie pourrait ne pas trop souffrir, voire même embellir (selon la qualité de vos derniers mois d’activité). D’un coté, vos clients, rassurés par l’accès au crédit, vont vous régler vos factures passées (espérons-le !), de l’autre vous n’aurez pas payé vos échéances d’IS et de charges sociales habituelles. Votre BFR baisse fortement. Le recours au solutions de financement qui vous sont offertes (PGE en tête) finiront de renforcer vos comptes bancaires. Pas de problème de cash.
  • Dans un second temps (à partir de mai/juin et tant que la reprise n’a pas lieu), les encaissements clients vont se tarir et votre BFR va se stabiliser à un point bas. Votre trésorerie est alors essentiellement dégradée par les pertes d’exploitation constatées durant les mois de confinement (d’où l’importance de réduire ces pertes au maximum !).
  • Dans un troisième temps (une fois que l’activité redémarre), vous n’aurez toujours que très peu d’entrée de cash de vos clients alors que vous devrez remettre en route votre machine à produire avec les décaissements induits (salaires, loyers, consommations en tous genre). Vous devrez en plus commencer à rembourser les reports de charges (IS, charges sociales, loyers) dont vous bénéficiez actuellement. Votre BFR devrait augmenter très fortement et faire plonger votre trésorerie dans les mêmes proportions. C’est à ce moment là que la mobilisation de créances pourrait vous être utile.
  • Dans un quatrième temps (dans 12 mois), vous allez devoir commencer à rembourser les prêts de trésorerie souscrits au printemps 2020. C’est le « mur de cash ». L’impact de ces remboursements sur votre trésorerie dépendra directement de la capacité de votre activité à générer un cash-flow au moins égal à ces remboursements (cumulés à ceux de vos éventuels autres emprunts pré-existant à la crise).

Le classique tableau de projection à 3 mois de la trésorerie ne sera pas suffisant. Nous ne pouvons que trop vous conseiller de vous lancer dans des simulations précises à plus long terme. Si vous n’êtes pas un financier aguerri, faites vous aider (par nous si vous le souhaitez), car il vous faudra pour y voir clair projeter non seulement vos comptes d’exploitation bien sûr, mais aussi votre bilan, vos tableaux de flux de trésorerie, vos charges financières… qui seuls peuvent vous garantir d’avoir un modèle de simulation fiable.

Evidemment, peu parmi vous (nous) peuvent prétendre avoir une vision claire de l’activité qu’ils vont produire ces prochains mois. L’idée n’est donc pas de prévoir, mais bien de simuler différents scénarios possibles (et parfois volontairement assombris) qui vous permettront de mesurer précisément leur impact sur votre trésorerie des 24 prochains mois.

Grâce à ces scénarios (aléatoires) simulés sur un modèle (fiable), vous serez en mesure de faire 3 choses :

  • Anticiper vos besoins de cash mois par mois et sur 24 mois selon chaque scénario,
  • Préparer en amont la mise en place des solutions qui vous permettront de financer ces besoins si tel ou tel scénario se confirme,
  • Prendre conscience (vous et vos équipes) des enjeux à venir en terme de business pour « rattraper » les pertes accusées en 2020 et franchir l’éventuel mur de cash de 2021.

L’idée est d’agir plutôt que de subir. Agir dans le brouillard est moins commode qu’en ayant une vision claire de la situation.

Utilisez votre temps disponible pour préparer l’avenir !

Il est probable qu’après les premiers efforts pour ré-organiser votre entreprise de manière à l’adapter au contexte inédit qui est le notre aujourd’hui, vous retrouviez du temps. Peut-être en sera-t-il de même pour une partie de vos équipes.

Pourquoi, en l’absence d’activité, ne pas utiliser ce temps à créer de la valeur autrement, en préparant la reprise ?

Pensez à tous ces chantiers de fond que vous ne parveniez pas à faire avancer ces derniers mois : la mise en place de votre ERP, le travail de refonte de votre mission et de vos valeurs, le séminaire de travail sur l’amélioration de l’organisation et des processus interne, le retour d’expérience sur les derniers projets et l’amélioration de votre qualité de service… Les moyens modernes de communication (Teams, Hangout, Zoom…) rendent possible de faire avancer un collectif tout en se trouvant à distance les uns des autres. N’hésitez pas à nous consulter si vous souhaitez ouvrir votre horizon des possibles sur ces sujets.

Mais vous pouvez également utiliser ce temps pour soigner vos relations !

Et pourquoi ne pas continuer à communiquer sur vos produits et services ? Si vos clients disposent de plus de temps également, il seront peut-être plus attentifs à ce que vous pouvez leur proposer. Je vous renvoie au bel article de Claude sur le sujet : Quelle stratégie marketing pendant la crise ?

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Bon courage à tous pour affronter cette période inédite.

 

Vous aussi, vous souhaitez transformer votre entreprise ? Contactez-nous !

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