Réforme de l’intéressement : une belle opportunité pour le dirigeant ?

Lors de son interview télévisée du 15 octobre 2017, Emmanuel Macron a dit souhaiter « un vrai débat » en 2018 pour « revisiter cette belle invention gaulliste de l’intéressement et de la participation », pour que « tous les salariés aient leur juste part quand les choses vont mieux ».
Au-delà des raisons (philosophiques ou techniques) qui poussent le dirigeant de PME à mettre en place un accord d’intéressement, celui-ci suppose de partager avec ses salariés de l’information économique, replacée dans un contexte stratégique. Et ce qui peut paraître de prime abord une contrainte ou frein, se révèle souvent être une vraie opportunité pour que chaque collaborateur s’approprie ce bien commun qu’est l’entreprise.

Par Jean-Marie Le Tallec, expert dynamique économique

# 1 Qui dit intéressement dit critère de déclenchement

L’accord d’intéressement est un accord qui prévoit le versement d’une prime aux salariés lorsqu’un (ou plusieurs) critères sont remplis. Ceux-ci (ainsi que le calcul de l’intéressement lui-même) peuvent être choisis librement par le dirigeant et le personnel. Ils peuvent être quantitatifs ou qualitatifs, sont généralement de nature économique et doivent dans tous les cas être simples et non équivoques pour pouvoir répondre à la question : « un intéressement sera-t-il versé ? »
Quelques exemples de critères de déclenchement de l’intéressement :
– Niveau ou croissance de chiffre d’affaires,
– Croissance de la marge sur coûts variables,
– Atteinte d’un résultat d’exploitation en valeur ou en % du chiffre d’affaires,
– Mesure de la satisfaction client,
– …

# 2 L’opportunité d’ouvrir des discussions de fonds avec les collaborateurs

Et pour que cet accord voit le jour, puis qu’il produise ses effets en termes de mobilisation, il est crucial 1/ que les critères soient compris par tous les salariés, 2/ qu’ils soient contextualisés par rapport aux enjeux économiques ou stratégiques de l’entreprise et 3/ que chacun comprenne sa contribution à l’atteinte de ces objectifs.
C’est donc l’opportunité d’ouvrir avec les collaborateurs (ou leurs représentants) des discussions de fonds sur la stratégie de l’entreprise, ses équilibres économiques, et les moyens qu’on se donne pour atteindre ses objectifs. Et finalement de co-construire un projet collectif et sa traduction économique.
L’accord d’intéressement entre dans le cadre des négociations collectives d’entreprise ; les représentants des syndicats dans l’entreprise et/ou le comité d’entreprise sont donc généralement les interlocuteurs du dirigeant pour cette négociation. C’est donc naturellement en collaboration avec les représentants du personnel que la démarche de préparation/contextualisation peut être menée.

# 3 Partager et contextualiser

Plutôt que de s’arrêter à la définition de critères d’intéressement et de se donner rendez-vous l’année suivante pour en vérifier l’atteinte, il est sans doute plus intéressant de « faire vivre » le projet collectif en communiquant périodiquement – mensuellement ou trimestriellement par exemple. Et plutôt que de s’arrêter au(x) critère(s) retenu(s) vous pouvez les contextualiser dans une série d’indicateurs représentatifs de la santé de l’entreprise et de l’avancement du projet collectif. Vous aurez créé les conditions de l’appropriation par les collaborateurs de ce projet !

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